Un hiver pour la frime

Bocal Pingoins 72 700

C’est l’hiver. Les yeux des touristes s’illuminent sous leurs bonnets clignotants Made in China. Le houx fleurit à la devanture des pharmacies et sur les tables des gargotes. On s’étripe avec allégresse pour une place de parking ou l’attention d’un vendeur de la FNAC. Pas de doute, Noël approche et la paix envahit le cœur des hommes de bonne volonté.

C’est l’hiver, par conséquent il fait froid, sauf dans les régions touchées par le réchauffement global, c’est à dire presque partout. Heureusement, certains pays, dotés de politiciens courageux, associés à d’ardents lobbyistes, parviennent à contenir le cancer thermique à l’extérieur de leurs frontières. Ainsi, l’Europe, les Amériques, l’Asie, l’Afrique et l’Océanie y échappent grâce à leurs gros bonnets, avec ou sans lumière. Certes l’Antarctique fond mais le désarroi des manchots nous laisse de glace car ces bestioles sont encore moins comestibles que des eskimos dans leur emballage.

Croyez-le : puisque c’est l’hiver, il fait froid. Demandez à un SDF non actionnaire d’une multinationale pétrolière, il vous confirmera que sur les trottoirs il fait frisquet de jour comme de nuit malgré les millions dépensés en décorations lumineuses. Si ça ce n’est pas une preuve !

D’ailleurs les experts réunis à Lima, qui sont loin d’être idiots puisqu’ils viennent d’y passer deux semaines au soleil à nos frais, l’affirment : rien ne presse à qui sait attendre.
On peut dire sans frisonner des dents qu’ils n’ont pas froid aux yeux.
Avec un extrême courage, malgré la pression de Réfugiés Climatiques Sans Frontières et de l’Internationale des Ecolos Enrhumés, ils ont fait les choses dans l’ordre en négociant sur la manière de négocier avant de débattre sur l’objet du débat, afin d’assurer le maximum de chance à toute hypothétique décision opérationnelle ultérieure. Tant de rigueur dans l’application d’un processus conceptuel, tant d’intelligence visionnaire, et surtout tant d’indépendance et d’altruisme dans la réflexion sont l’apanage d’une élite, que nous devons être fiers d’avoir financée pour qu’elle réfléchisse à nos problèmes sans nous empêcher de trouver nous-mêmes des solutions.

Comme disait Jean-Baptiste Godin, l’inventeur du poêle émaillé et de la promiscuité ouvrière : « Même quand le froid est dans nos âmes, il y a toujours de la chaleur dans nos cœurs. Plus bas, je n’ai pas été voir. »

En résumé, si vous ne croyez plus au Père Noël, vous n’avez pas besoin de cheminée alors que si vous croyez toujours en Dieu vous avez besoin d’un thermomètre.

Joyeux Noël aux dindes !

Pégéo, 21 décembre 2014.

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