#smilerevolution

SMILE-REVOLUTION4

Je cherche une arme de construction massive…
Un grain de sable qui passera inaperçu le temps qu’il faudra pour que le bonheur reprenne la main sur la logique fascisante et expansionniste qui érige des murs, méprise les frontières, égorge des otages, brûle des soldats, dévaste la culture ou massacre des civils.
Une arme furtive et forte au point ridiculiser le fanatisme, le populisme, les xénophobies de tous poils et leurs propagandes nauséabondes. Certaines prises de parole et actions puent des pieds actuellement, vous ne trouvez pas ? Profanations, déflation, évasion, invasions, élections, abstention, luxleaks, swissleaks… Putain, Panoramix, elle est où ta potion magique ?

A portée de regards.
Comme pour toutes les potions magiques, il est essentiel d’être convaincu de ses bienfaits pour s’en servir. Il s’agit d’un breuvage alchimique qui ne se boit que des yeux. Il s’appelle le sourire.
Si les balles des 7, 8 et 9 janvier derniers ont provoqué des massacres et effacé à jamais le sourire ô combien reconnaissable de Cabu, elles ont éveillé en retour un besoin collectif de liens et d’échanges entre les humains de notre pays. Avant les attentats de Paris, « on » était certain qu’il fallait savoir avancer plus vite que les autres pour réussir. « On » avait rangé le bonheur de l’échange, ce truc de mou, dans le grenier des souvenirs nationaux, à côté des journaux de la libération et des vestiges des 30 glorieuses. « On » n’avait plus le temps. « On » devait devenir riche avant d’être frappé par le chômage.
Au matin du 12 janvier, tout le monde avait la gueule de bois. Non seulement la vie et les emmerdes continuaient, mais en plus, chacun avait entrevu durant un dimanche après-midi, que le temps pouvait suspendre son vol et laisser la place à la vie. Il existait un autrement qui nous renvoyait individuellement et collectivement à la question de notre liberté.
Jolie boite de Pandore…! Vite un couvercle… Un voile, une kipa, un quota, un pseudo-débat sur la liberté d’expression, l’immigration ou la déchéance de nationalité, une généralité sur la délinquance, une expertise géo-politique de carambar, un avis sur le rôle des médias, un procès d’intention, un jugement hâtif… En 1945, les femmes qui étaient soupçonnées d’avoir couché avec des Allemands furent tondues. En février 2015, les « communautés » le furent symboliquement au nom de la même peur de la remise en cause. Cela questionne la frontière entre la justice et la vengeance autant que la distance à laquelle la démocratie se tient vis-à-vis de l’une et de l’autre.

Il faut user du sourire comme d’une arme de construction massive. Créer la confiance pour arrêter la tonte.
Au fond de nous, dans nos têtes, nos cœurs et pourquoi pas nos pieds, se logent nos émotions. Selon les spécialistes, elles sont de quatre ordres : la détresse, la colère, la peur et le désir. La détresse suscite le repli sur soi et le besoin de réconfort, la colère déclenche des gestes d’agression et de défense, la peur conduit à la fuite et à l’évitement et le désir fait aller de l’avant. Nous ressentons tous les quatre émotions alors que notre culture les refoule.
Un sourire, lorsqu’il est le reflet d’une volonté sincère d’ouverture évoque du réconfort, de la non agression, il apaise l’autre par rapport à nos intentions et démontre un plaisir qui donne envie d’aller de l’avant. Et vice versa. Un sourire est une arme de construction massive parce qu’il donne aux émotions leur place légitime et à chacun la liberté de les transformer en action.

Le temps des travaux pratiques est arrivé !
Choisissez votre voisin le plus désagréable, le conducteur de bus le plus râleur, la caissière la plus renfrognée… Peu importe votre « cible », veillez simplement à la rencontrer régulièrement. Cela vous permettra de suivre facilement son évolution par rapport à vous. Cela devrait commencer par de la surprise, voire de la défiance face à votre sourire. « C’est louche ». Puis de la compassion. « C’est vraiment un imbécile heureux ». Puis de l’intérêt. « Il me sourit, c’est sympa ». Et enfin de la réciprocité. « Je vais lui sourire, pour l’encourager à continuer ». Et avec un peu de chance, votre buraliste asocial finira par vous annoncer la météo du jour en vous vendant le dernier Charlie Hebdo. « Je vous l’ai mis de côté, j’ai pensé que ça vous ferait plaisir ».

Certes, on ne fera pas disparaître Daesh avec des sourires. En tout cas, pas tout de suite. Mais on ne sera pas plus efficace contre les fanatismes en faisant la gueule. Chaque petite bataille gagnée sur la morosité ambiante est une source de jubilation et un coup porté à l’obscurantisme.
Si chacun d’entre nous se met à sourire, nous serons rapidement très nombreux. Très très nombreux. Bien plus nombreux et bien plus forts que ceux qui tentent d’éteindre la lumière.
Nous pouvons constituer une armée radieuse, à l’ombre de la grande histoire. Insaisissable et hétéroclite, elle passera inaperçue le temps qu’il faudra pour que le bonheur puisse reprendre la main…

Partants pour la révolution du sourire ?
#smilerevolution #resistance #effetlevier

Mina Moutski
03/03/15

Merci à Markus14 d’avoir imaginé et dessiné le sourire @smilerevolution qui donne un visage à mes convictions !

 

 

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