Nom de Femme !

he-is-a-she

En découvrant la une du 6 janvier 2016 de Charlie Hebdo, j’ai eu une révélation : Dieu n’est pas un homme. « Je ne vois pas le scoop, puisque la nature même de Dieu n’est pas humaine », vous entends-je marmonner pendant que vous levez les yeux au ciel.
Votre approche cartésienne pourrait être convaincante, si elle n’omettait un facteur clé : les religions sont faites de mystères et de croyances plutôt que de logique. La preuve par l’exemple avec Jésus, fils de Lui-Même et d’une vierge. Est-ce réellement envisageable scientifiquement ou bien l’idée même du truc relève-t-elle d’un phantasme masculin au QI plafonné à 70 ? Gamine, j’ai tenté de souligner l’incongruité rationnelle du propos sur Marie durant un cours de cathé, pensant naïvement éclairer de mes maigres connaissances en sciences nat l’adulte qui tentait de m’inculquer des bases religieuses. Face à ma démonstration, sa réaction fut sans appel : « on ne te demande pas de trouver des explications, tu dois avoir confiance et croire ».

Vous pouvez donc me croire, j’ai eu une révélation face au hipster antique et armé dessiné par Riss : Dieu est une femme. Blasphème ? Non. Hypothèse aussi plausible que celle qui envisage qu’il soit un homme. Jusqu’à nouvel ordre, personne n’est en capacité de démentir ou de confirmer, puisque personne ne l’a jamais vu.
Je vais construire ma démonstration pseudo-socio-psychologique sur mes maigres connaissances religieuses, acquises à l’Église et généraliserai le résultat sans aucun contrôle scientifique aux trois monothéistes, partant du principe qu’elles partagent le même Dieu. Je laisserai ensuite à chacun la liberté de tirer ses propres conclusions alors même que le débat sur le sexe des anges n’a jamais été clos.
Qui, à l’exception d’une mère, est suffisamment ébloui(e) par son fils pour être sincèrement persuadé(e) qu’il a la capacité de changer le monde ? Vous pouvez chercher, personne. Dans la Sainte Trinité, celui qui est traditionnellement appelé le Père est donc vraisemblablement une Mère. C’est à dire, une Femme. Ce qui apporte à Dieu une mixité intérieure nécessitant la présence du Saint-Esprit pour faciliter la prise de recul et éviter des tensions inutiles entre la Mère et le Fils.
Blasphème ? Non. Parité. Si Dieu existe, qui mieux que lui pourrait défendre ce principe ?
En complément, la nature féminine de Dieu pourrait être confirmée par le fait qu’Il créa l’humanité à son image, c’est à dire, avec des femmes, des hommes et des psy capables de faciliter la prise de recul et d’éviter les tensions inutiles entre celle qui-ne-sera-jamais-aussi-bien-que-Maman et son homme.

Pourquoi avoir entretenu l’idée d’un Dieu masculin depuis si longtemps ? En poussant la théorie de Riss, on pourrait formuler l’hypothèse que l’assassin(e) ait eu besoin d’une couverture efficace pour pouvoir courir sans jamais être attrapé(e). Ce n’est pourtant pas ce que je privilégierais. Je n’aime pas l’idée de faire porter à un être divin la responsabilité des errances humaines. Je préfère assumer le fait que les assassins aient été des hommes et que leurs commanditaires soient intelligents et assoiffés de pouvoir.
Si Dieu est une femme, cela ne va pas arranger leurs affaires ni celles de quelques autres au pedigree soit disant quasi irréprochable… Le viol, les sévices sexuels, la violence conjugale, le mariage forcé, l’excision, l’inégalité des droits, le proxénétisme ou la privation d’éducation deviennent en ce cas des blasphèmes, aussi sûrement qu’ils sont déjà des crimes abominables.

L’heure est au changement, nom de Femme !
N’en déplaise à ceux qui sont fous d’Elle au point de tirer à l’arme lourde sur des innocents. Réaliser qu’ils se sacrifient pour une Gonzesse risque de leur compliquer un peu le schéma !
N’en déplaise à celles et ceux qui préfèrent les femmes à la maison, l’interdiction de la pilule ou de l’IVG, n’en déplaise à celles et ceux qui excusent la violence envers les femmes en expliquant que ce sont elles qui provoquent les hommes. Eh bien oui ! Dieu est une femme et Elle vous regarde…

Par contre, l’effet serait plutôt bénéfique au niveau des vocations dans les rangs de l’Église : « prenez et mangez-en tous, ceci est mon corps… ». Plus besoin de se questionner sur le mariage des prêtres ! Et les messes se joueraient à guichets fermés, tous les dimanches devant des milliers de crapauds de bénitiers pendant que ces dames s’enverraient un canon au bistrot d’à côté.

Mina Moutski
07/01/16.

You must be logged in to post a comment