N’en faites pas une affaire personnelle !

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Le salon zen vient de fermer ses portes à Paris… J’en suis ressortie avec le tournis, nP1010788oyée par l’abondance de livres, techniques, produits et stages en tout genre, aux perspectives plus alléchantes les unes que les autres, promettant de trouver sa voie, d’être mieux avec soi-même, avec les autres et avec l’univers entier, bien sûr… Les marchands du temple du bonheur étaient tous là ! Aujourd’hui, le maître mot n’est plus de réussir dans la vie, c’est de réussir sa vie… Et ce n’est pas le plus facile, surtout lorsque cela semble être le but ultime et obligé pour tous. Heureusement, les « coachs de vie perso » sont là pour vous y aider, c’est un métier en pleine expansion ! Plus facile, plus rapide, plus moderne que le psy… Mais là comme ailleurs, il y a quelques bons et beaucoup de charlatans. Idem pour les livres. Le développement personnel est un des secteurs les plus dynamiques de l’édition… Comment avoir confiance en soi, sortir de la culpabilité, trouver sa place au travail, être heureux en couple, trouver sa voie… Tout est prévu. Le seul problème, c’est qu’il ne suffit pas (en général) de lire un livre pour changer. Encore moins d’en lire trente-six… En matière de développement personnel, il est très tentant de zapper d’une technique à l’autre, mais, « mieux vaut tenir que courir ». Choisissez donc un livre et un seul et faites-en votre livre de chevet jusqu’à ce que vous l’ayez assimilé, digéré et surtout, expérimenté suffisamment de temps pour qu’il soit entré dans votre vie.
Parmi les livres que j’ai découverts, il y en a un qui m’accompagne depuis quelques mois. Plusieurs amis m’en ont parlé par hasard, sans se concerter. Pourquoi celui-là ? Parce qu’il propose quatre règles simples – oui, seulement quatre ! Faciles à retenir et à afficher sur son frigo.

  1. Que votre parole soit impeccable : ne critiquez pas les autres, ne les jugez pas… Et ne vous jugez pas vous-même. Combien de temps passons-nous tous à critiquer les autres ouvertement ou à médire derrière leur dos, à les tenir pour responsables de ce qui nous arrive, à les dévaloriser… Au lieu de voir les choses positives, d’utiliser la parole pour inventer, créer, proposer des idées… Et combien de temps passé à nous dévaloriser – « tu as fait une énorme erreur, tu es nul(le), tu n’y arriveras jamais… » – plutôt que de nous encourager et de nous faire confiance ? En cultivant la bienveillance avec les autres et avec vous-même, vous en récolterez en retour… Et vous serez bien plus heureux !
  2. Quoi qu’il arrive, n’en faites pas une affaire personnelle : « nothing personnal », comme diraient les Anglais. Si un ami vous croise dans une soirée sans vous dire bonjour, vous commencez tout de suite à vous poser mille questions : il est fâché avec moi ? Pourquoi, j’ai dit quelque chose qui ne lui plaisait pas ? Il a mieux à faire que de parler avec moi ? Alors que peut-être, tout simplement, il ne vous a pas vu… Ou il était préoccupé. Ou que sais-je encore… À l’inverse, si quelqu’un vous dit que vous êtes merveilleux, que vous avez beaucoup de charme ou que vous avez l’air très intelligent… N’en faites pas non plus une affaire personnelle. Ce que l’autre dit ou pense de vous lui appartient, et vous serez bien plus libre si vous ne dépendez plus du regard des autres.
  3. Ne faites pas de suppositions : inutile d’échafauder des plans sur la comète… Tenez-vous en aux faits ! Avez-vous déjà remarqué que, lorsqu’un ami arrive en retard à un rendez-vous et ne vous appelle pas, lorsque vous essayez d’imaginer pourquoi, vous vous trompez le plus souvent ? Parce qu’il est très difficile de se mettre à la place de l’autre, qui a son propre mode de raisonnement. Entre hommes et femmes, c’est la cause de nombreux malentendus… En phase de séduction : « il m’a regardé comme ci ou comme ça, ça veut dire que je lui plais ! » ou après vingt ans de mariage : « Il devrait savoir ce qui me fait plaisir ! » Plutôt que de faire des suppositions, mieux vaut toujours communiquer pour clarifier les choses.
  4. Faites toujours de votre mieux : ni plus, ni moins. Attention, ce n’est pas une incitation à devenir perfectionniste. Mais plutôt à faire les choses en y mettant tout votre cœur et votre entrain, en prenant plaisir à ce que vous faites, sans trop vous « mettre la pression » à propos du résultat ou en attendre une récompense. Par exemple si vous devez préparer une présentation professionnelle pour le lendemain, elle ne sera pas aussi aboutie que si vous aviez eu une semaine devant vous, mais si vous faites de votre mieux, vous n’aurez rien à vous reprocher. Avec vos enfants, ou les enfants des autres, si vous n’êtes pas toujours aussi disponible ou aussi calme que vous aimeriez l’être, acceptez vos limites. « Faire de son mieux », cela consiste aussi à accepter les baisses de forme… On n’est pas des machines !

Certains d’entre vous ont peut-être reconnu le livre « Les quatre accords toltèques »* de Don Miguel Ruiz, le célèbre médecin-chaman mexicain.
Si vous avez apprécié cette chronique, je vous invite à me retrouver régulièrement dans le Bocal. Sinon, je ne vous le reprocherai pas… Je n’en ferai pas une affaire personnelle… Je ne supposerai pas que c’était trop long, ou trop court, ou trop bête, ou trop intelligent… Et surtout, je continuerai à faire de mon mieux, pour mon plus grand plaisir… Et qui sait, peut-être le vôtre ?
Miss Feelgood
11/10/13

* Don Miguel Ruiz, « Les quatre accords toltèques. La voix de la liberté personnelle ». Ed. Poches Jouvence, 2005.

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