Mort aux cons !

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Voilà quelques temps que ça tourne entre mes deux oreilles, comme une rengaine intrusive. J’ai consulté mon frère, mon coach, les astres et mon chien… Ce que j’ai à dire ne va pas être facile à lire pour certains : je ne supporte plus les cons !

Tout en haut de la liste, en lettres grasses et graisseuses figurent les super connards. Ceux qui sont capables de kidnapper des lycéennes pour en faire des esclaves. Ceux qui n’ont pas encore compris que leur violence était le signe extérieur de leur bêtise et de leur impuissance. Faut-il avoir peur de devenir intelligent par accident pour tenter de castrer intellectuellement et de violer physiquement des jeunes porteuses d’avenir et de développement pour l’Afrique !

En caractères un peu moins gras mais tout aussi graisseux, se trouvent les exploiteurs. Les cons cupides pour qui l’argent justifie les moyens. Les cons qui pompent dollars, euros, yen, yuan et autres devises, avec la vivacité des Shadock pour concentrer dans leurs poches, déjà débordantes, les richesses créées par les autres. Je peux vous citer des fabricants de médicaments qui vendent de la mort pour faire du profit ou des usines produisant des tee-shirts à bas coûts moyennant des conditions de travail insalubres, voire dangereusement mortelles.

Par ordre décroissant, viennent ensuite les gros cons. Ceux qui sont capables de réécrire l’histoire par le négationnisme, ceux qui déclarent l’existence de la femme contraire à la volonté de Dieu ou considèrent l’homosexualité comme un handicap. Ceux qui confondent les frontières avec des zones de guerre, les enfants avec des soldats ou qui légitiment leur impérialisme par du prosélytisme démocratique. Les guerriers de tous poils qui pour certains n’hésitent pas à faire subir ce qu’ils ont eux même subi : ghettoïsation, discrimination, arrestations arbitraires…

Je vous passe les détails des catégories mineures mais néanmoins très polluantes : Les cons, les sales cons et les petits cons que l’on appelle aussi confettis… Vous y trouverez en vrac un député qui se déculpabilise de l’histoire coloniale de son pays, une presse people qui confond intimité et profit, des abrutis capables de prendre le volant avec deux grammes, des politiques qui n’aiment ni les pains au chocolat ni la Marseillaise écoutée plutôt que chantée, des racistes, des machos, des intégristes frigides ou barjots, des défenseurs d’acquis qui n’existent plus, des revendicateurs de droits sans prise de responsabilités etc…

Et puis dans certaines de ces catégories, certains jours, il y a moi. Figurez-vous que ça m’arrive aussi d’être conne. Quand dans la même journée on me dit que pour une femme, j’ai plutôt bien réussi, que je devrait néanmoins travailler gratuitement pour remercier ceux qui me font confiance, que trois opérateurs téléphone me dérangent pour me vendre le forfait de mes rêves, que j’ai retrouvé une prune sur ma voiture pour cinq minutes de dépassement, que des malheureux se suicident à répétition sous les roues des trains dans lesquels je me trouve… Oui, je l’avoue, moi aussi, j’ai mes instants de connerie durant lesquels je suis excédée et persuadée d’être merveilleuse sans que le reste du monde ne s’en rende compte.

Alors avant de crier « mort aux cons » et de m’élancer pour sauver l’humanité, telle Fantômette, avec mon couteau de cuisine à la main, je me raisonne. Parce que mon nombril possède une importance très relative à l’échelle d’une société et qu’il y a partout la même proportion de cons. Voilà une caractéristique universelle qui touche toutes les classes sociales, toutes les religions et toutes les origines ethniques. Et s’ils sont insupportables et contagieux, c’est essentiellement parce qu’on n’entend qu’eux !

Il est donc vital de préserver et développer l’antidote plutôt que de nourrir le jeu. L’humilité, l’affirmation, la prise de recul, l’humour et la remise en question sont là pour ça. Ça demande un peu d’énergie, beaucoup d’honnêteté et parfois du courage.

Alors promis, demain, je m’y mets ! Et pour de vrai.

Mina Moutski.
14/05/14

Photo Mina Moutski.

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