Lettre ouverte à Madame Valérie Trierweiler, Journaliste.

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Madame,

Je fais partie de ceux qui ont suivi sans intérêt vos mésaventures amoureuses il y a quelques mois. J’ai imaginé que ce n’était pas facile à vivre, en particulier sous les feux des projecteurs de l’actu… Je vous ai alors intérieurement souhaité d’être entourée d’amour et de bienveillance pour pouvoir soigner paisiblement vos blessures.

Une de mes amies vit actuellement une rupture douloureuse, c’est elle qui me préoccupe et que je cherche à comprendre et soutenir. C’est elle que j’accompagne avec affection dans sa quête de sens nouveau. Je guette chacun de ses sourires, chacune de ses victoires difficiles. Pour elle, je ressens l’envie d’un renouveau, d’une reconstruction, d’un bonheur après la pluie. Pour elle, oui.

Je ne vous connais pas, vous n’êtes pas une de mes proches. Votre vie ne m’intéresse pas plus que vous ne vous sentez concernée par la mienne.

Je fais partie de ceux qui n’achèteront ni ne liront votre livre. Pour les raisons que je viens d’évoquer, mais aussi parce que j’ai l’intime conviction que le linge sale ne se lave pas en public. J’y vois une question de dignité. Je respecte votre chagrin et votre douleur, mais je ne veux pas être complice de ce qui porte toutes les apparences de la vengeance ou du coup médiatique. Au même titre que vous, j’ai vécu des déchirures amoureuses, des trahisons et des moments de désespoir. Ma chance a sans doute été de ne pas voir ces épisodes de ma vie relayés par les torchons de la presse people et les médias du monde entier. Je vous accorde que ce point fait une énorme différence dans la manière dont les événements se vivent.

Pour autant, Madame, quelle que soit l’exposition aux autres, la vie m’a appris que la pudeur et la discrétion étaient des clés pour être heureuse. Elles permettent, durant le deuil, de consacrer du temps à celle que l’on est et d’investir de l’énergie pour mieux comprendre ce que l’on attend de la vie. Elles permettent également de trouver la paix intérieure au point de tomber à nouveau amoureuse et de se renouveler.

Alors, à quoi bon importer le passé dans le présent ou le futur ? Quel est le sens d’un livre sur votre vie de couple ? Donner à celui qui vous aimera demain tous les détails de votre intimité d’hier ? Je suppose que ce n’était pas là votre objectif. Mais au final, ce sera bien le résultat.

La finalité de votre démarche, reste à mes yeux assez nébuleuse. Cherchez vous à vous justifier aux yeux des médias et d’une opinion publique avec qui vos rapports sont difficiles ? Vous réhabiliter aux yeux de vos proches ? Vous conforter dans une identité de victime ? Au passage, frapper votre ancien compagnon au niveau de l’image, point sensible de tout personnage public ? Je ne comprends pas bien. J’ai des difficultés à imaginer que l’effet salvateur de l’écriture soit réel lorsque l’on choisi d’associer définitivement son nom, aux yeux de la planète entière, à une histoire tristement banale.

Point positif, votre best-seller vous mettra à l’abri du besoin et vous apportera sans doute une sérénité financière à laquelle vous pouvez légitimement aspirer. Que vous l’ayez envisagé ou non, tant mieux pour vous. Les médias et l’opinion publique continuent à vous fustiger, mais au moins vous versent-ils maintenant des dommages et intérêts.

Cela ne remplace pas l’amour, la sincérité, l’amitié et le partage.

Ce sont eux que je vous souhaite de savourer auprès de vos proches. Ce sont eux que je vous engage à retrouver un jour dans une nouvelle vie amoureuse.

Tournez la page et toutes celles de votre bouquin le plus vite possible. Faites-vous oublier du fil d’actu. Votre métier est de le travailler, pas de l’alimenter. C’est vous qui construisez la suite de votre histoire. Ce ne sont ni les médias, ni l’opinion publique, ni une anonyme comme moi.

Répondre à la violence par la violence revient à l’entretenir. A vous de choisir.

Mina Moutski.
07/09/14.

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