Les hommes qui valaient 7 milliards

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Quelle est l’activité prospère qui dégage un profit annuel estimé à 7 milliards d’euros ?
Le trafic d’humains en Méditerranée.

Qui est la société numéro un mondial du service ?
Un groupe multinational spécialisé dans la sécurité qui se présente, entre autres, comme un spécialiste des « services externalisés ». Concrètement, l’un de ses métiers est la prise en charge d’opérations de police et de sécurité pour les états.
Ces « services externalisés » comptent en leur sein, la gestion de camps de réfugiés et le renvoi des populations en situation irrégulière dans leurs pays d’origine. Je n’ai pas trouvé de chiffres spécifiques pour cette activité, mais un commentaire dans le dernier rapport annuel la présentait comme un segment de marché prometteur.
La misère humaine est profitable. Le métier de passeur rapporte bien plus que celui de tour operator. Dans un cas, vous convoyez des fugitifs qui donneraient tout pour sauver leur peau et dans l’autre, vous déplacez vers le soleil des beaufs qui renâclent à payer le vol Paris-Marrakech 50 euros, juste pour bronzer. Alors que les premiers embarquent sur des coques de noix sans broncher, les seconds ont le toupet de râler parce que les boissons sont payantes.

Et si l’on changeait de paradigme ? Supposons que l’argent n’ait plus aucune valeur. Et que la richesse d’un humain augmente à mesure que sa bienveillance et sa capacité au partage se développent. Nous serions conduits à vivre un bouleversement à côté duquel la révolution numérique actuelle passerait pour de la gnognote.
Le premier effet serait de voir enfin la relance par la consommation et l’investissement passer de mythe à réalité. Cela stimulerait l’économie mondiale. Personne n’aurait plus intérêt à accumuler de l’argent puisqu’il n’aurait, pour seule utilité, que le financement des moyens du partage. Il serait profitable de dépenser pour s’enrichir. Les pays grands producteurs de bonheur deviendraient très attractifs et feraient venir de la main d’œuvre des pays tristes et angoissés pour faire face à la croissance de la richesse… Le PIB serait un indicateur obsolète. La fortune mondiale serait exponentielle et équitablement répartie puisque l’échange non marchand est la seule opération à somme positive.
La planète pourrait enfin souffler. Des moyens jamais investis jusqu’alors seraient mis en place pour stopper le réchauffement climatique et revenir à une activité raisonnée. Les terroristes, passeurs et dictateurs de tous poils seraient obligés de faire la manche pour obtenir les miettes du bonheur…

Nous sommes individuellement une part du problème et de la solution. La méconnaissance et l’incompréhension des différences mènent à la peur, à la haine et au besoin de dominer l’autre. L’argent n’est au final qu’un bien pauvre et pathétique indicateur de nos limites.
Tant que chacun reste dans le jeu, en qualité de persécuteur, de victime ou de sauveur, il le nourrit. Dès lors que nous décidons de sortir du jeu, nous devenons des grains de sable qui grippent une mécanique bien plus fragile qu’elle n’y paraît. Parce qu’elle est construite sur une richesse dématérialisable. Dénuée de sens. A laquelle tout le monde croit.
Ce ne sont pas les migrants de méditerranée qui sont les mieux placés pour s’immiscer dans les rouages de nos temps modernes pour les transformer. Ce ne sont pas non plus ceux qui tirent profit des dérèglements du monde. Ni ceux qui attendent que des plus courageux qu’eux le fassent. Heureusement, il y a tous les autres. Tous ceux qui ont envie de faire de la bienveillance une source d’épanouissement personnel. Et qui sait, demain, universelle !

Ça vous chatouille d’emprunter le chemin de la (bonne) fortune ? Souriez… Si la non-violence et l’intelligence étaient reconnues comme des signes extérieurs de richesse, le sourire serait l’euro du bonheur. #smileRevolution.

Mina Moutski
28/04/15.

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