En attendant Pamoi…

Haussement-dépaules

Cher Monsieur Pamoi,

Je suis heureuse de pouvoir vous écrire enfin.
Je ne suis pas certaine que vous mesuriez votre extrême popularité, mais sachez que le monde entier fait référence à vous en permanence :
« C’est Pamoi qui peut répondre, il faudrait que vous alliez voir ma collègue… Non, elle ne travaille pas le mercredi, il faudrait revenir »,
« Je comprends votre problème, mais c’est Pamoi qui prend la décision. Il faudrait envoyer un courrier dans lequel vous motivez votre demande, et ensuite, il faudra compter deux semaines de délai minimum… »,
 » Ce n’est pas la peine d’insister, c’est Pamoi qui peut faire ça. Si vous voulez vous pousser, que je puisse m’occuper de la cliente suivante »…

Il y a quelques temps, en Italie, j’ai cru que vous étiez souffrant. Je suis sortie de ma voiture pour faire le plein et un monsieur charmant m’a expliqué que c’était lui qui allait s’en charger, puisqu’il était pompiste. Pourquoi ce métier là n’existe plus dans mon quotidien ?
J’ai néanmoins été rapidement rassurée sur votre état de santé dès le premier péage. Machine bloquée, impossible d’obtenir un justificatif de paiement. « C’est Pamoi qui édite les reçus manuellement, » m’a expliqué l’employé, « il faut aller au bureau sur l’aire de repos… » Quel repos ?

J’ai fini par demander vos coordonnées à toutes les personnes bien informées qui me parlaient de vous, histoire de comprendre pourquoi vous étiez à la fois si présent et si absent de ma vie. Leurs réactions ont été très diverses : haussement d’épaules, agressivité (« vous vous foutez de moi ? »), indifférence… Personne n’a jamais accepté de me donner l’ombre d’un début d’information à votre sujet.

Mais j’ai fini par vous retrouver et il était temps. Parce que tout ce que vous ne faites pas, c’est moi qui le récupère dans ma liste de tâches, parfois avec un degré d’urgence tel que je suis contrainte d’abandonner mes activités séance tenante pour me substituer à vous.
J’ai souvent tenté de faire comprendre à mes interlocuteurs que mes promesses ou engagements non tenus, l’étaient par votre faute. « C’est Pamoi », ai-je alors timidement esquissé. Mais personne ne m’a jamais crue et j’ai dû, systématiquement, trouver des solutions… En faisant, au passage une croix sur certaines de mes activités ou sur mon sommeil.

J’ai décidé que les choses allaient changer. Le temps est venu pour vous et moi, de discuter entre adultes d’une honnête répartition des tâches entre nous. Avec garantie de leur réalisation dans des délais acceptables. Sans doute n’êtes-vous pas un mauvais bougre, mais j’en ai assez de votre comportement fuyant.
Simplification, responsabilisation et confiance seront, à partir d’aujourd’hui, les maître-mots de nos relations. J’aimerais que vous arrêtiez d’envisager le pire pour mieux mettre en place les procédures pour l’éviter. Elles n’empêchent rien et découragent les plus actifs.  Si vous pouviez cesser de justifier votre existence en compliquant celle des autres, j’apprécierais. Sortez des frontières de votre quotidien autrement qu’avec une zapette dans la main. Soyez actif plutôt que revendicatif, comptez vos succès plutôt que vos efforts, inventez demain au lieu de vous arcbouter sur vos acquis…
Et donnez ! Il n’y a rien de tel pour recevoir de l’inattendu et du positif en retour. Allez, Pamoi, prenez des vitamines, reconnectez vos neurones, faites vibrer votre esprit.

Faire du gras affalé sur le canapé, c’est pathétique et vous avez trop de talent pour terminer comme ça.

Bien à vous,

Mina Moutski
24/10/13.

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